9. Le dessous de la Planète Câline




A l'extérieur, après avoir dévalé la pente, Totor et les triplés découvrent le fameux dessous de la planète Câline. Devant eux s'étale une immense étendue de sable lisse comme une pâte à tarte. Pas un bruit ne vient troubler cette croûte de grains déserte.
Huit petits yeux ronds et vifs roulent dans leur orbite devant ce spectacle silencieux et inerte. Ce n'est pas l'espace vide qui les impressionne le plus, c'est le silence qui y court. Ils le sentent bien qui vit. On dirait une méduse. Pendant de longues minutes, les quatre garçons restent là, oppressés par les tentacules invisibles de cette atmosphère étrange et inconnue.
Puis Totor lève la tête et aperçoit au loin, derrière une petite bosse, quatre gros engins verts disposés en ligne.
- Regardez ! on dirait des pommes! chuchote-t-il, si on s'approchait de ces machines !
- Non, répond aussitôt Bobo, j'ai peur… elles n'ont pas l'air gentil !
- Mais ce que tu peux être trouillard ! … allez ! on y va ! de toute façon, il n'y a personne ici, tu vois bien !
- Ils se sont peut-être cachés pour nous surprendre ! reprend Bobu.
- Mais non, ils sont tous partis !… tu les as vus passer comme nous sur le chemin !
- Oui, mais je suis sûr qu'il reste des fesséniens pour garder Poupie et le roi !
- Et alors, nous sommes venus pour les sauver, non ?… nous irons jusqu'au bout, si tu as peur, il ne fallait pas venir !
- J'ai un peu peur, mais je reste… allez-y alors, je… je… vais vous suivre, balbutie finalement Bobo.
Les uns derrière les autres, Totor en tête, ils rampent doucement vers les quatre engins. Ces grosses machines dans lesquelles voyagent les fesséniens sont faites d'acier de couleur verte et ont en effet l'aspect d'une énorme pomme avec une grande tige au sommet, laquelle, en réalité doit être une antenne. Peu à peu, Totor et les triplés se rapprochent des fessonautes traînant avec eux leur épée de bois. Bobo, moins téméraire, suit à quelques mètres derrière ses deux frères et Totor. Il transpire, grelotte, claque des dents… parfois même, il lui semble entendre des voix, mais ne voulant pas perdre la face devant les autres, il n'en parle pas et lutte contre sa peur en silence. Ils sont maintenant à deux pas d'homme des fessonautes et Totor pense qu'il faut s'arrêter un moment pour observer, avant d'entreprendre quoi que ce soit. Il en fait part à ses camarades qui acquiescent aussitôt. Bobo se sent un peu rassuré car il est terrorisé à l'idée de pénétrer dans ces imposants monstres d'acier.
La lune pique de ses rayons comme un gros projecteur, la carapace de ces étonnantes pommes d'acier et sa lumière vive et argentée impressionne encore davantage les intrus.
Mais Totor songe à son amie Poupie et rien ne peut l'arrêter. Et puis il pense qu'ils ont déjà pris trop de risques pour renoncer : leur désobéissance à la reine, le ligotage de mademoiselle Plume, leur course effrénée vers le dessous de la planète, bref, toutes ces épreuves ne doivent pas rester vaines. Au point où ils en sont, il faut continuer coûte que coûte.
- Ecoutez, dit-il… je crois qu'il n'y a pas de fesséniens dans ces grosses bêtes… alors, je vous propose d'entrer discrètement dans chacun d'eux… Poupie et notre roi sont sûrement à l'intérieur… allez, ayez confiance, on va les trouver… d'accord ?
- D'accord ! répondent en chœur les triplés.
Sur la pointe des pieds, ils s'approchent du premier fessonaute, quand soudain, ils croient entendre une voix.
- Chut ! ne bougez plus ! chuchote Bobu, je crois que c'est la voix de Poupie !
- On dirait celle de notre roi aussi ! ajoute Bobo.
- C'est sûr ! Ce sont eux ! Ils sont là ! conclut Boba.
- Ne nous précipitons pas!… soyons prudents ! dit Totor, plus raisonnable.
Alors, lentement, Totor et les triplés gagnent la porte extérieure du fessonaute d'où semblent venir les voix de Poupie et Dagobert...

2 commentaires:

  1. Elle me rappelle de si bons souvenirs que je l'AIME, ELLE, Poupie Limpopo ... quoiqu'elle fasse !
    Anne Ô'Nyme

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