Là-bas, en Doudounie, la petite clairière est devenue un vrai champ de bataille. Du haut de la colline, Cabrinounette observe et s'en amuse! Il y règne en effet une indescriptible pagaille. Au-dessus de la mêlée de combattants, volent des plumes, des bâtons, des écureuils et parfois même des chats, des cabris, des hirondelles, des girafes, car tout le monde prend part au combat.
Les fesséniens, qui ont perdu un peu de leur bêtise, distribuent en abondance des fessées à tous les doudouniens qui se présentent. Fessor, sur lequel s'acharnent deux chimpanzés, a été surpris, en arrivant, de constater que leurs regards n'avaient aucun effet sur l'ennemi. Alors, de colère, il a ordonné une attaque sévère de fessées. Mais les doudouniens ont su riposter à coups de bâtons.
Maintenant, les deux camps sont à égalité et si les fesséniens n'avaient pas de plumes vertes et des cheveux oranges, on aurait eu bien du mal à les différencier tant ils sont emmêlés.
Quand Dagobert et les enfants arrivent devant la clairière, ils voient donc ce spectacle époustouflant. Ils restent un moment ébahis, presque fascinés par ce tableau vivant. On dirait une grande salade de fruits bousculées par un mélangeur.
- On ne va pas les laisser s'entre-fesser plus longtemps, c'est maintenant qu'il faut agir ! Vous êtes prêts les enfants !… Allons-y ! crie le roi.
Poupie, Totor, les triplés et le roi commencent à fredonner la chanson du petit éléphant bleu…
Peu à peu, les fesséniens s'écroulent et se tordent de douleur, bavent et crient… et, plus les voix montent, plus ils sont nombreux à tomber. Les doudouniens, ne comprenant pas ce qui se passe, se mettent, sans réfléchir, à gonfler les voix de la petite chorale menée par Poupie. Toute la Doudounie s’emplit de la chanson du petit éléphant bleu.
Bientôt, on ne voit plus aucun fessénien bouger, pas même leur chef, Fessor, qui est avachi, la langue pendante, sur un tronc d'arbre.
Epuisés, mais heureux, les doudouniens regardent leur roi tandis que les mamans rejoignent leurs enfants. La reine Zoé, en pleurs, s'approche de Poupie et la serre très fort dans ses bras. Puis, Dagobert prend la parole.
- Mes chers doudouniens, je vous remercie de vous être battus si courageusement !… mais si nous avons eu raison de ces volatiles, c'est grâce à Poupie !… c'est elle qui a trouvé que notre chant les terrassait !
- Pour Poupie ! Hip, Hip, Hip, Hourra! s'écrient tous les doudouniens.
- Il faut remercier aussi Totor et les triplés, qui, même s'ils ont désobéi à la reine, sont venus courageusement nous délivrer ! ajoute le roi.
Des salves d'applaudissements résonnent alors pour acclamer les jeunes héros. Puis Dagobert, levant la main, fait taire les doudouniens et prend à nouveau la parole.
- Maintenant qu'une vingtaine d'hommes emporte ces fesséniens dans leurs fessonautes et qu'elle les expédie ailleurs dans l'espace, loin de notre Doudounie ! Allez, ouste! Puis il baille et ajoute :
- Hum, hum… il se fait tard et la nuit est bien avancée… mais exceptionnellement, je propose qu'on serve à tous un bon verre de cidre, qu'on chante et qu'on danse pour fêter notre victoire !… et que la joie revienne sur notre douce planète !
Les doudouniens ne se font pas prier pour se mettre à la fête malgré leurs fesses endolories. Tous les habitants, y compris les animaux décident de faire une grande farandole entre les arbres habités. C'est ainsi qu'ils trouvent mademoiselle Plume endormie et ligotée derrière le grand saule…
Pendant ce temps, sous l'oranger, l'arbre de Bagouse le bijoutier, Poupie et Totor, heureux de s'être retrouvés, rient et bavardent ensemble.
- Dis-moi, Poupie, sur quelle planète penses-tu que les fesséniens vont débarquer maintenant ?
- Je ne sais pas, mon petit Champ de Blé… peut-être sur la planète Terre !… qui sait ?
Ça les fait éclater de rire si fort que des bouts de leur joie s’envolent comme des bulles dans le ciel bien noir de leur cher planète Câline. En les regardant là-haut s’échapper, Poupie et Totor, les voient aller se cogner et faire « splach » contre les parois clignotantes des fessaunotes qui déjà s’éloignent de la Doudounie.
- Bon débarras! s’écrie Poupie… Allez viens Totor, on va danser!
Alors, main dans la main, ils partent en sautillant vers les autres doudouniens tandis que du haut de la butte de câline, Cabrinounette lance un grand bêêêê de rire qui s'envole dans le ciel pour aller dessiner jusqu'à la planète Terre un beau rayon de soleil câlin...
Un rayon qui pointe sa caresse sur le visage endormi de Mamoune, toujours assise sur son canapé rouge.
Un rayon qui pointe sa caresse sur le visage endormi de Mamoune, toujours assise sur son canapé rouge.


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