Il n’y a ni matin, ni midi, ni après-midi, ni soir au pays de la Doudounie, il n’y a que le jour et la nuit.
C’est donc en cet après-manger, sous le grand saule, que Mademoiselle Plume vient enfin heurter sur le vieux tronc d’arbre-cloche, les trois coups qui signifient: l’école est finie! Poupie et ses amis n’attendaient que cela car ils ont prévu d‘aller se bagarrer pour rire dans la Touffue, une petite forêt dont les arbres ne sont pas habités. Là, pendant un long moment, ils jouent, courent, crient, chantent, s'ébrouent comme des cabris en folie et ça leur fait des joues rouges et des regards qui pétillent comme des bulles de champomy.
C’est donc en cet après-manger, sous le grand saule, que Mademoiselle Plume vient enfin heurter sur le vieux tronc d’arbre-cloche, les trois coups qui signifient: l’école est finie! Poupie et ses amis n’attendaient que cela car ils ont prévu d‘aller se bagarrer pour rire dans la Touffue, une petite forêt dont les arbres ne sont pas habités. Là, pendant un long moment, ils jouent, courent, crient, chantent, s'ébrouent comme des cabris en folie et ça leur fait des joues rouges et des regards qui pétillent comme des bulles de champomy.
Poupie aime grimper dans les arbres et s'y cacher pour surprendre ses amis. Juchée sur une branche, elle imite un perroquet, un chimpanzé ou encore un écureuil. Parfois, il arrive qu'une branche se brise, mais elle parvient toujours à retomber tant bien que mal sur ses deux pieds. Une fois à terre, elle éclate de rire en voyant ses genoux maquillés d'égratignures et de bleus, puis elle repart en courant à la suite d'un garçon qui se moque d'elle.
Les enfants n'ont pas de montre, mais ils ont appris à savoir l'heure en regardant la position du soleil dans le ciel. Ils ont bien remarqué qu’il s’approchait de plus en plus du côté gauche de l‘horizon, là où se rassemblent la tribu des elfes pour danser la nuit dans l‘ombre de la lune. D’ailleurs, comme d’habitude, Boulejone, car c’est ainsi qu’il nomme le soleil, leur fait des signes en pointant sur eux des rayons très chauds, parfois même brûlants pour qu’ils bougent enfin! mais ils font comme si de rien n’était, car ils ont encore envie de jouer et puis ils aiment bien énerver Boulejone. Alors ils continuent de se battre pour rire. Ils se sont séparés en deux équipes ennemies avec à leur tête, d’un côté, Poupie, et de l’autre, les triplés, Boba, Bobu et Bobo. Poupie a nommé Totor, son meilleur ami pour le seconder. En secret, elle l’appelle « Champ de Blé » parce que ses cheveux jaunes et drus l'y font penser.
Et ça crie et ça chante et ça remue dans la Touffue tandis que Boulejone s’avance de plus en plus près de son lit moelleux de nuit. Ça veut dire qu’il fait de plus en plus sombre sur la Doudounie, mais les enfants ne s’en soucient pas, ils jouent et rien d’autre ne compte.
C’est Mateu, le garçon le plus sérieux et le plus raisonnable de la bande qui tout à coup réalise qu’il est grand temps de rentrer! On n’aperçoit déjà presque plus les arbres habités!
Alors, selon leur habitude, ils se rassemblent autour de Popof, un énorme tronc d'arbre qu'ils ont creusé, sculpté et maquillé afin qu'il ressemble à un énorme grand-papa. Popof est vraiment imposant, mais il semble si sympathique que, même s'il n'est fait que de bois, les enfants lui parlent comme à une personne, puisqu‘en vérité, ils pensent que comme eux, les arbres sont des êtres vivant. Parfois, certains enfants viennent lui confier leurs petits secrets, et repartent, certains que Popof ne les trahira jamais.
Tous agenouillés devant lui, ils le saluent et lui souhaitent une belle nuit, puis se séparent. Poupie, accompagnée de Totor, prend le chemin du gros chêne royal, l'arbre de ses parents. Après avoir passé le pont de bois qui traverse l'O, Totor et Poupie décident de faire une pause. Au passage, Poupie remarque que l'eau de la rivière est toujours verte, car on est au printemps. Poupie se moque bien de savoir quelle est la saison du moment, ce qui lui plaît, c'est surtout de pouvoir admirer les couleurs que prend la rivière. Elle plonge alors avec plaisir sa main dans l'eau d'émeraude et s’amuse à caresser le doux liquide.
Pendant ce temps, Victor, assis dans l'herbe, taille une branche pour en faire une épée. Le sentier est calme. On entend juste le clapotis de l'O et quelques rossignols venus gazouiller près des deux amis. Tout en sculptant son bout de bois, Totor raconte une histoire drôle qui fait tellement rire Poupie qu'elle manque faire pipi dans sa culotte. Après avoir bien ri, ils s'apprêtent à repartir, quand tout à coup, ils voient, juché sur un tronc tout vermoulu, un oiseau vraiment très bizarre.
Jamais encore ils n'ont vu un tel animal en Doudounie. Il est gros comme une oie et son corps est recouvert de plumes vertes. Sur la tête, il a comme une perruque de cheveux orange qui retombe en désordre le long de son cou. Au bout de ses deux pattes, on peut voir deux gros pieds palmés noirs et velus. Son bec rouge pointe droit et fin, et ses yeux jaunes, si jaunes regardent fixement Poupie.
- Poupie, dit Totor, j'ai peur !… tu as vu comme il te regarde !
Mais Poupie ne bouge plus et semble paralysée par le regard de l'animal.
- Poupie, réponds-moi, insiste Totor, il faut partir !… cet oiseau est méchant !… allez, viens !
C'est alors que, fixant toujours Poupie de ses yeux jaunes, l'oiseau étrange dit :
- Je ne suis pas méchant, j'obéis !
- Mais… qui es-tu ? risque Totor, et… d'où viens-tu ?
- Mon nom est Martinos et je viens d'un pays situé de l'autre côté de la planète Câline.
- Mais… mais, c'est impossible ! lance Totor, il n'y a qu'un seul pays sur la planète Câline, c'est la Doudounie, notre pays !
- Tu te trompes, petit ! répond l'animal, il existe désormais un nouveau pays : la Fessénie !… Avec mon peuple, nous avons débarqué sur votre planète et nous nous y sommes installés !
- Je ne suis pas méchant, j'obéis !
- Mais… qui es-tu ? risque Totor, et… d'où viens-tu ?
- Mon nom est Martinos et je viens d'un pays situé de l'autre côté de la planète Câline.
- Mais… mais, c'est impossible ! lance Totor, il n'y a qu'un seul pays sur la planète Câline, c'est la Doudounie, notre pays !
- Tu te trompes, petit ! répond l'animal, il existe désormais un nouveau pays : la Fessénie !… Avec mon peuple, nous avons débarqué sur votre planète et nous nous y sommes installés !
Pendant ce temps, Poupie est restée muette et paraît insensible à tout ce qui se passe autour d'elle. Totor s'en inquiéte et dit :
- Qu'as-tu fait à Poupie ?… elle ne bouge plus !
- Ne t'inquiète pas, j'ai juste mis tous ses circuits en veille, c'est comme si elle dormait !
- Mais pourquoi ?… réveille-la !… réveille-la, vilain Martinos ! crie Totor s'approchant de l'oiseau en agitant son épée de bois pour le menacer.
- Qu'as-tu fait à Poupie ?… elle ne bouge plus !
- Ne t'inquiète pas, j'ai juste mis tous ses circuits en veille, c'est comme si elle dormait !
- Mais pourquoi ?… réveille-la !… réveille-la, vilain Martinos ! crie Totor s'approchant de l'oiseau en agitant son épée de bois pour le menacer.
Martinos ne bouge pas et fixe Totor comme il l'a fait pour Poupie. Totor s'arrête net, il semble à son tour paralysé. Un silence angoissant s'abat alors sur le petit chemin....

Bonsoir ! J'aime beaucoup votre écriture, c'est vraiment magique ! Je reviendrais en lire plus sur les aventures de cette incroyable princesse. A bientôt !
RépondreSupprimerLina Carmen
@ Bientôt Luna et merci! *_*
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